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32. Je vais avoir 32 ans cette année. C’est un âge étape pour moi car j’avais voulu sauter les années de jeunesse pour arriver directement à cet âge.
C’est là une réflexion d’enfant pressé de gagner son indépendance.
J’avais alors compris que la majorité n’apportait pas cette indépendance.
18 ans et étudiant? 20 ans et stagiaire? 25 ans et un salaire de misère? 28 ans et toujours pas en couple?
Je me disais que les trentenaires avaient acquis leurs études, un boulot correct, une maturité matérielle et affective, mais 30 ans, un chiffre rond, cela ne colle pas. 31, c’est une peu téléporté. Je me décidais pour 32 et décrète que c’est là l’âge idéal.
Cette réflexion m’habita vers mes 12 ou 14 ans.
Finalement, j’ai pris mon indépendance à 16 ans par le biais d’une formation de boulanger avec internat pour finir chômeur à 17 ans.
J’en ai pris parti et me suis infligé 10 ans de précarité dans le travail.
J’ai eu mon premier CDI à plein temps à 27 ans.
Infligé dis-je. N’ayant pas fait d’études secondaires, et n’ayant pas eu de travail à plein temps ou en continu durant ces 10 ans, j’ai développé une activité associative, notamment dans le cinéma qui m’a aidé à me forger. Forger… une éthique, pilier du travailleur social que je suis.
Le travail social n’est pas un métier qui se pratique d’emblée, il faut avoir un peu de vécu.